La directrice des archives de la Lozère possède un dessin représentant la Tombe de Napoléon à Sainte-Hélène et elle nous a demandé de l’aider à le documenter.
Je n’ai pas la possibilité de regarder le document original que je suppose être en papier. J’ignore s’il présente une quelconque marque au recto ou au verso, une signature ou s’il présente un filigrane.
Dessin communiqué par Alice MOTTE - Directeur des Archives départementales de la Lozère - Conservateur du patrimoine
Malgré ces difficultés, je reconnais d’emblée des similitudes flagrantes avec les dessins que nous a laissé Jules Dumont d'Urville lors de son voyage à bord de « La Coquille » et que j’ai pu admirer, il y a plus de dix ans, aux archives de la Marine. Je ne dispose – hélas – pas de photographie de l’album. Toutefois, nous avons aux domaines une gravure qui a été faite à partir d’un seul des croquis de Dumont d’Urville alors lieutenant de vaisseau depuis 1821. En s’associant avec Louis Isidore Duperrey, il avait monté le projet d’un voyage d’exploration scientifique. Le gouvernement français avait approuvé le projet la même année et avait mis à leur disposition « La Coquille » qui sillonna, de 1822 à 1825, les océans pour un voyage de circumnavigation autour du monde. Il ramena au Muséum plus de 3000 espèces de plantes, dont 400 nouvelles et 1200 espèces d’insectes, dont 300 nouvelles. Il publia à son retour divers mémoires scientifiques et une Flore des Malouines (en latin).
Après le message que j’ai reçu de Thierry Lentz me demandant d’en savoir un peu plus sur ce dessin (est-il de M. Baffie ou ce dernier en est-il le propriétaire ?), je me suis mis à la recherche d’informations supplémentaires à partir de la date inscrite en bas page. J’ai fouillé les archives de Sainte-Hélène et n’ai trouvé aucune indication sur une escale de Français durant ce mois-ci. Mais à vrai dire ceci n’est pas étonnant car les archives entre 1822 et 1836 sont bien maigres !
Par contre, en fouillant dans ma bibliothèque et autres documents, je sais qu’en « Janvier 1825 », "la Coquille" a fait escale à Sainte-Hélène. Ceci ne saurait être une coïncidence. Vu la ressemblance patente entre les deux dessins, tout indiquerait que ce dessin a été soit exécuté à partir des travaux de d’Urville ou réalisé sur les lieux mêmes par un autre membre de l’expédition[1].
Je vous recommande vivement la lecture du Journal d'un voyage autour du monde à bord de la Coquille - 1822-1825 par le Dr. Prosper GARNOT. Il donne de nombreux détails de l’escale sur l’île. Vous trouverez ces trois cahiers manuscrits à la bibliothèque municipale de Versailles.
Aussi, je vous conseille la passionnante découverte du résultat botanique de cette expédition qui a été publié par Arthus Bertrand en deux volumes intitulés « Voyage autour du monde par M. Louis Isidore Duperrey », en 1829.
[1] La Coquille quitte Toulon le 11 août 1822, séjourne à l'île Sainte-Catherine, au Brésil, du 16 octobre au 3 décembre, puis aux Malouines où l'on voit encore l'épave de l'Uranie, du 18 novembre au 18 décembre, passe le Cap Horn et arrive le 20 janvier 1823 à Talcahuano, le port de Conception au Chili où sévit la révolution du général Freire contre le général O'Higgins.
L'expédition fait escale à Callao (Pérou) et observe les variations du magnétisme à Payta, près de l'équateur, le 10 mars. Elle rectifie les cartes des îles de la Société et séjourne à Tahiti du 3 au 22 mai. La Coquille reconnait l'île Sauvage (Niue) dans l'archipel des Amis (Tonga), les îles Salomon, Buka et arrive au Port Praslin en Nouvelle-Bretagne, le 12 août 1823.
Les enseignes Blosseville, Lottin et Bérard dressent la carte du canal Saint-Georges entre la Nouvelle-Bretagne et la Nouvelle Irlande. La Coquille longe la côte nord de la Nouvelle Guinée, explore les îles Shouten et jette l'ancre à l'île Waigeo du 5 au 16 septembre, à l'île Buru le 23 septembre et à Amboine (Ambon) du 4 au 28 octobre. Par Timor, la corvette fait le tour de la Nouvelle Hollande, atteint Sydney le 17 janvier 1824, mouille le 3 avril dans la Baie des îles en Nouvelle Zélande, remonte vers le Nord jusqu'aux Carolines par les Fidji, les Gilbert et les Marshall, fait escale à l'île Ualan (Est Carolines), puis au Havre de Dorey, en Nouvelle Guinée, où le pharmacien Lesson étudie les paradisiers du 26 juillet au 9 août.
Par Sourabaya, Maurice, Sainte-Hélène et Ascension la Coquille arrive à Marseille le 24 mars 1825 ayant parcouru 25000 lieues marines en 33 mois sans avoir perdu un seul homme ni subi le moindre incident. (Source : oceaniedeslumieres.org)
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Deux autres interprétation de la Tombe réalisées d’après la Gravure de Dumont d’Urville.




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