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2 août 2010

Lectures sur Sainte-Hélène

Mes lectures sur Sainte-Hélène

Depuis que j’ai commencé ce blog, on me demande souvent pourquoi je ne parle que rarement des livres qui paraissent chaque mois sur « Napoléon à Sainte-Hélène ».

La raison en est multiple :

1- le sujet des causes du décès de Napoléon ne me passionne pas et surtout j’admets les limites de mes connaissances médicales. Pour cette raison, le livre de Thierry Lentz et Jacques Macé a été une nécessaire (et providentielle) synthèse qui efface d’un trait une cinquantaine de supposés savants ouvrages illisibles pour le lecteur que je suis.

2- Le nombre de livres qui paraissent en anglais sur les dernières années de Napoléon est stupéfiant. Ça fait longtemps que j’ai renoncé à compter le nombre de visiteurs qui, une fois arrivés à Sainte-Hélène, m’annoncent qu’ils préparent un livre « sur un sujet dont personne n’a jamais parlé (sic) i.e. ‘Napoléon à Sainte-Hélène’ ». La plupart d’entre eux ne publient (heureusement) jamais rien mais quelques-uns parviennent à leurs fins. C’est souvent affligeant. Dans le meilleur des cas, nous avons droit à une compilation partiale des journaux des différents témoins de l’exil. Mais nous avons aussi droit à des plagiats d’historiens sans que les auteurs ne daignent en donner les noms [en espérant, je suppose que personne ne remarquera les copier-coller].

3- Tous les livres d’histoire-fiction dont les auteurs (plus ou moins inspirés – souvent moins !) font s’évader Napoléon qui devient au choix éleveur d’autruches, fermier américain ou roi de tribu africaine m’amusent mais ces élucubrations ne font qu’encombrer d’avantage une bibliothèque déjà bien trop importante.

Quand on a enlevé tous ces volumes, il ne reste plus beaucoup de livres qui valent la peine d’être recommandés aux lecteurs qui recherchent des livres fiables et qui ne veulent pas se perdre dans d’interminables polémiques stériles.

Cependant, une fois n’étant pas coutume, je tenais à mentionner ici le livre d’Albert Benhamou intitulé « L’autre Sainte-Hélène ».

couverture du livre de M. Benhamou

Il m’a immédiatement fait penser à l’excellent livre « Napoléon prisonnier vu par les Anglais » de J.de Mougins-Roquefort. M. Benhamou aurait presque pu appeler son livre « Napoléon prisonnier vu par les médecins ». Même si je ne partage pas toujours son opinion (notamment sur Antommarchi qu’il transforme en « touriste » - mais je dois admettre ici mon indulgence pour l’auteur de la première étude de la flore de Sainte-Hélène qui me passionne), l’auteur nous offre une synthèse pertinente des années d’exil sous un angle impartial voire prudent (en témoigne le nombre de fois qu’il utilise l’expression « il semble » ou « semble-t-il »…). Ses sources sont toutes choisies avec discernement car il privilégie les archives du gouverneur Lowe[1] et les récits des contemporains. Le talent de M. Benhamou est de les utiliser de façon vivante.

À recommander donc. Bonne lecture.


[1] Je suis très familier des Lowe Papers sur lesquels, avec l’aide de la Fondation Napoléon, je travaille depuis une vingtaine d’années à une transcription intégrale des volumes 20,115 à 20,133.

 

3 commentaires:

John Tyrrell a dit…

Agree. I am reading Albert's book at the moment - and am enjoying it immensely. Perhaps the best I have read since Jean- Paul Kauffmann's masterpiece.

la Bricole a dit…

Je confirme également : c'est un excellent livre, qui sort des sentiers battus sans enfoncer les portes ouvertes. Ouvrage à recommander pour tout amateur du sujet, du néophyte au spécialiste.
Félicitations à l'auteur qui sait aussi tenir le lecteur en haleine.

Albert Benhamou a dit…

Bonjour,
L'ouvrage est mentionné dans la dernière Revue du Souvenir Napoléonien No.484, juillet à septembre 2010, dans la chronique "Feuillets d'Histoire" en page 81.
Le point de vue est donné par l'historien Jacques Macé, bien connu de ceux qui s'intéressent au sujet "Sainte-Hélène", qui écrit notamment que [i]l'ouvrage constitue un remarquable relevé des sources[/i] et que le travail de l'auteur [i]remet en cause, preuves à l'appui, bien des "certitudes" ou idée reçues[/i].

Les domaines en quelques lignes...

Surfaces des terrains en 2009 :
Briars : 1,027 hectares
Longwood House : 1,057 hectares
La Tombe : 13,769 hectares

dernier terrain acquit sous forme de don en 2008

Nombre de visiteurs : moyenne par an sur la période 2002/2011 : 6859

Surface bâtie habitable: 1212 m²


Les domaines n'existent que pour - et par - vous ...

Les lieux napoléoniens de l’île sont devenus, depuis 1857, des domaines français, gérés le Ministère des Affaires Etrangères qui prend en charge l’entretien courant. Depuis plusieurs années maintenant, les visiteurs de passage – cinq à six mille personnes selon les années – peuvent découvrir l’existence de ce qui est devenu un véritable musée avec neuf cents articles exposés dont près de cent meubles originaux. Le but recherché est de rendre à la maison son aspect de 1821, année de la mort de Napoléon. Nous pensons avoir presque réussi car de nombreux visiteurs pensent que le musée est national. En fait, la conservation muséographique, les recherches, l’enrichissement des collections ne sont pas prise en charge par l’état français mais uniquement par vos dons gérés par la Fondation Napoléon à Paris - 7, rue Geoffroy Sainte-Hilaire 75005 Paris France. +33 156434600 (précisez bien dans le libellé de vos dons qu’ils sont « pour l’usage exclusif des domaines français de Sainte-Hélène »). Cette fondation reconnue d’utilité publique vous remettra le certificat fiscal nécessaire pour la déduction des impôts.

Chaque année, en fonction des fonds reçus, nous décidons ensemble des travaux que nous voulons entreprendre.

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