Michel JANTZEN, Architecte en Chef des Monuments Historiques et Isabelle BARBETT-DESMAZIERES sont bien arrivés à Sainte-Hélène le 12 novembre dernier.
Ils sont restés sur l' île pendant neuf jours afin de réaliser une étude commandée par le Ministère des Affaires Étrangères qui doit prendre une décision concernant les travaux à réaliser dans la partie de Longwood House appelée "Les appartements des généraux". Pour faciliter leur mission, ils ont habité Longwood House.
Isabelle BARBETT-DESMAZIERES et Michel JANTZEN au Pavillon des Briars
Avant de quitter l' île je leur avais demandé s' ils pouvaient nous (d)écrire, pour ce blog, leur(s) impression(s).
_______Voici ce que Isabelle nous écrit:
Un petit mot pour exprimer à Michel Dancoisne-Martineau toute ma gratitude
J’ai eu l’immense chance d’assister Michel Jantzen dans sa mission de diagnostic pour la réalisation d’un programme de revalorisation des bâtiments des généraux,
J’ai eu l’immense joie de découvrir à l’aube du mercredi 12 novembre 2008 sur la passerelle du St Helena les côtes de cette île mythique se découpant au loin dans la brume,
J’ai eu également l’immense bonheur de découvrir au sommet de la petite route escarpée Longwood et son merveilleux jardin, ses crépuscules pluvieux et venteux et ses aurores brumeuses, les Briars et les paysages qui l’entourent, la vallée de la Tombe et sa végétation enivrante en compagnie de M’pô.
J’ai eu une joie immense à plonger dans les bassins naturels modelés par les reliefs volcaniques,
J’ai eu l’immense plaisir de faire la connaissance de JJ et d’apprécier ses talents de décorateur et de cuisinier,
J’ai eu une immense tristesse lorsque j’ai remis pied à bord du St Helena.
Adieu St Hélène, à toutes ces émotions et merci à Arthur, Byron, Bradley, Diana, George……
A bord du St Helena, dimanche 23 Novembre 2008
Isabelle Barbett-Desmazières
_______Voici ce que Michel nous écrit:
Adolescent, j’ai souvent séché des cours pour aller rêver sous le dôme des Invalides au fascinant mystère de la gloire Napoléonienne. Je n’imaginerais pas un jour avoir l’inquiétant bonheur d’aborder cette île dont l’histoire de France a fait une prison. Lieu hostile et lointain, rempart de roc soumis à la vigilance des escadres Anglaises, ultime et terrifiant asile sans retour.
Comme dans les livres, j’ai vu se lever sur l’horizon et grandir ce château fort de la nature et soudain le Paradis !
Réécrire l’Histoire pour dire que cette île reste peut-être l’une des dernières images du bonheur paisible, charme des élégantes et immuables façades de Jamestown. On s’étonne d’appeler ville ce décor qui donne à chacun son espace de vie sans vacarme, sans téléphone portable, sans feux rouges, sans contrainte. Il y a bien sûr des voitures, mais je n’ai jamais vu un lieu où les automobilistes soient naturellement si courtois entre eux. Tout le monde se salue, aucune hostilité, les visiteurs sont trop peu nombreux pour troubler la complicité souriante des habitants, ils sont chaleureusement accueillis et bientôt absorbés par ces vallées à la nature opulente où chaque virage est une découverte.
Longwood
Le contraste : pluie, vent, brouillard. Que sont devenus les paisibles vallons ? Aujourd’hui la rudesse de l’enfermement est très atténuée par un merveilleux jardin, un rayon de soleil pourrait même faire penser à un heureux séjour.
Passé le mur, on découvre avec gêne les bâtiments d’accompagnement ! A cet emplacement ont vécu les généraux dit-on. Certes, on ne s’attend pas à trouver les bâtiments construits à la hâte par les marins du Northumberland, mais on ne s’attend pas non plus à trouver un pavillon de banlieue, carcasse de métal et parpaing altéré.
La première vision intérieure n’est pas réconfortante, le sol est couvert d’un carrelage qui convenait tout juste à une cuisine économique des années 50. Passée cette épreuve on est réconforté par le soin apporté à la présentation des collections.
A la médiocrité du contenant succède la qualité du contenu et l’on est inquiet que de si précieux meubles et gravures soient abrités dans un bâtiment aussi précaire.
Michel Martineau a fait dresser la table chez Gourgaud, J.J. a préparé un repas de fête. Comme chacun d’entre-nous, Mpoh a apprécié le feu dans le cheminée qui n’était pas de trop pour un printemps à Longwood.
On se prend à penser qu’il est un prince à Ste Hélène, un prince qui ne règne pas mais qui charme et embellit.
Merci à Michel Ier.
Michel JANTZEN
Meudon, le 4 décembre 2008
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Quant à moi, je ne peux que me réjouir d' avoir accueilli Isabelle et Michel à Longwood. C' était un pur bonheur de pouvoir partager avec eux un fragment de ma vie sur cette île.
De plus, la pertinence de leurs remarques, de leurs suggestions m’ont même fait découvrir des aspects de cette maison que je pensais pourtant connaître de fonds en comble.
Merci Isabelle, Merci Michel ... à bientôt...

